L'ORIGINE DE LA DETTE

 

Vous pouvez faire trois niveaux d’étude :

         - Cool, en allant directement au résumé en BD ;

- Plus détaillé en suivant l’historique qui démarre en 1882 avec un banquier français Henri Germain, puis par un petit détour aux États Unis lors de la crise de 1929.

- Et plus d’histoire à la page « Complément historique »

 

Historique :

 

La doctrine Germain 1882

Fin XIXe siècle et début XXe siècle, des faillites bancaires retentissantes soulèvent déjà la question du risque de liquidité pour les établissementsHenri germain financiers. La "doctrine Germain" – du nom du banquier français Henri Germain, directeur à l'époque du Crédit lyonnais – est formulée une première fois en 1882, puis en 1904. Elle préconise clairement la séparation des activités de banque de dépôt de celles de banque d'affaires.

Venant d’un professionnel de la banque la leçon devrait servir !

 

Les États Unis en 1933

Herberthoover

Franklin rooseveltQuand Franklin Roosevelt arrive au pouvoir, en 1933, il succède à Herbert Hoover, dont le surnom était "Do Nothing" ("ne fait rien").

Le but de Roosevelt n'est pas de "rassurer les marchés financiers" mais de les dompter !

Il lui suffit de trois mois pour mettre en œuvre quinze réformes majeures et c'est le Glass-Steagall act.

Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, comme ils s'opposent aux taxes sur les plus hauts revenus, mais le président Roosevelt tient bon.

Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites.

Et l'économie américaine a vécu avec ces règles pendant un demi-siècle.

"We must act !" répétait Roosevelt : "Nous devons agir !"

 

"Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre"…

Alors regardons si nos Présidents successifs se servent des leçons du passé ?

 

 Du 3 jCharles de gaulle 1944 a 1946 1959 a 1969uin 1944 au 20 janvier 1946,

 Charles de Gaulle, est président du Gouvernement provisoire de la République française.

 Ministre de l'Économie nationale : Pierre Mendès France et René Pleven (à partir du 6 avril 1945)

Ministre des Finances : Aimé Lepercq et René Pleven à partir du 16 novembre 1944.

En 1944 la dette arrive à 240 % du PIB, il y a tout à reconstruire, il faut agir !

Il est clair que le capitalisme libéral est incapable de résoudre les problèmes générés par

l’économie de marché, tout comme les inégalités sociales et le chômage qu’elle entraine.

Pour résoudre tous ces problèmes le Gouvernement de Charles de Gaulle prend la maîtrise des grands leviers économiques, à travers le contrôle :

- des transports,

- de l'énergie,

- des assurances,

- de quelques grandes entreprises clés,

- et du secteur bancaire : La loi bancaire - issue du Conseil National de la Résistance - du 2 décembre 1945 sépare les activités de banques de dépôts et banques d’affaires. Elle définit non pas 2 mais 3 types de banques :

Les banques de dépôt, les banques d’affaires et les banques de crédit.

C’est le  Glass-Steagall act à la française écoutez ce qu'en pense l'économiste Dominique Plihon 

- Nationalisation de la Banque de France du Crédit Lyonnais de la Société générale de la Comptoir national d'escompte de Paris et de la BNCI Banque nationale pour le commerce et l’industrie. Les banques d'affaires échappent à la nationalisation.

- De plus, l’Etat crée trois banques « à lui » : le crédit national pour les entreprises, le crédit foncier pour le logement et la Banque du commerce extérieur. Enfin les mutuelles du crédit agricole et de la Banque populaire sont alignées sur le secteur bancaire nationalisé.

- Actions sociales : naissance des comités d'entreprise, naissance de la Sécurité sociale.

 

En 1946, De Gaulle, en désaccord avec le projet de constitution que proposent les ministres communistes, démissionne.

 

 De jaFelix gouin 1946 a 1946nvier 1946 à juin 1946, Félix Gouin est Président du gouvernement et Ministre de la Défense.

 Ministre de l'Économie et des Finances : André Philip

 

Félix Gouin poursuit les réformes :

- Création des établissements publics industriels et Commerciaux : Électricité de France, Gaz de France.

- Réforme de l’assurance-crédit au commerce extérieur : mise en place de la Coface et de la Banque française pour le commerce extérieur (BFCE)

- Nationalisation de 34 sociétés d’assurances et création du Conseil national des assurances et de la Caisse centrale de réassurance des houillères et création des Charbonnages de France

- Nationalisation de la Caisse des dépôts et consignations dont la création remonte à 1816.

 DeLeon blum 1946 a 1947 décembre 1946 à janvier 1947, Léon Blum  Président du Conseil

  Vice-président du Conseil : Édouard Daladier

  Ministre des Finances : Vincent Auriol

 - En octobre 1946 les statuts de la Fonction publique sont rédigés.

 

La quatrième République

 

  De Vincent auriol 1947 a 19541947 à 1954, Vincent Auriol est Président de la République.

" Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme "

 Son mandat est marqué par la guerre d'Indochine.

Francois bloch laine

Dans les années 1947, François Bloch-Lainé, directeur du Trésor, conceptualisa l’idée de « circuit du trésor » qui vient faire le lien de toutes les banques, sociétés et grandes entreprises nationalisées avec le Trésor Public.

C'est ainsi que toutes les banques, sociétés et grandes entreprises nationalisées

deviendront les "correspondantes" d’un circuit qu’on nommera "le circuit du trésor".

Ce circuit drainera un flot de liquidités qui alimentera les caisses du trésor pendant plus de 30 ans.

 Le circuit va permettre, avec l’aide du plan Marshall de 3,5 Mds de dollars en 1951, la reconstruction de la France et la remettre au travail, ce qui entrainera les "30 glorieuses".

Le taux d'inflation est vers 1% en 1955

 

  De Rene coty 1954 a 19591954 à 1959, René Coty est Président de la République  Guy molletPierre mendes france

   Président du conseil : Pierre Mendès France de 1954 à 1955, Guy mollet 1956 à 1957                      

  Son mandat est marqué par la guerre d'Algérie.

  Création de la TVA

Une vidéo d'animation qui explique la TVA en 3,38 min ici

 En 1957 le gouvernement prend la décision de dévaluer le Franc afin de rendre les produits français plus attractifs à l'étranger.

Ce qui a entrainé une augmentation des produits à l'importation et provoqué une forte inflation.

Elle a été de 10,52% en 1957, 8,91% en 1958 et n'a retrouvé son niveau normal qu'en 1960 avec 3,58 %.

René Coty fait appel au général de Gaulle pour résoudre la crise de mai 1958.

Il démissionne trois mois après la promulgation de la Cinquième République.

Le taux d'inflation fait une pointe 15% en 1958

 

La cinquième RépubliqueFleche 3

 

 En 1958 le géCharles de gaulle 1944 a 1946 1959 a 1969néral de Gaulle est Président du Conseil. Il fonde la Cinquième République.

 Antoine Pinay Ministre des Finances jusqu'au 23 juillet 1958.

 Le Général de Gaulle réforme la structure économique et constitutionnelle du pays, et confie à Antoine Pinay et à Jacques Rueff la mission de créer un  "franc lourd".

 En 1960, le Nouveau Franc (valant 100 anciens francs) est créé.

Nouveaux francsAnciens francs

                                               

 

 

Anciens Francs                                                                                                   Nouveaux Francs

 

En 1965 le taux d'inflation est inférieur à 3%

et

Le budget de l’État est proche de l’équilibre

 

En 1965 Charles de Gaulle est réélu au suffrage universel direct.

Michel debreJ y habererDepuis quelques années certains hauts fonctionnaires accuse le circuit du trésor d’être une planche à billets qui entraine des problèmes de variation du taux d’inflation et demande la suppression du circuit du trésor.

Ce sont les réformes dites « Debré-Haberer » en 1966/1968 qui entament le démantèlement du circuit du trésor.

Voilà le point de départ de la dette

Progressivement l'Etat va perdre son droit régalien

d’autofinancement, il faudra désormais emprunter sur les marchés financiers.

 

Le général de Gaulle qui a refusé de se retirer pendant la crise de Mai 68, finit par démissionner à la suite de l'échec du référendum sur la régionalisation en avril 1969.    

 

 la dette de la France est de 18.2 % du PIB soit 72,8 Milliards de F

 

J'ouvre ici une parenthèse sur la période des 30 glorieuses :

Le circuit du trésor, les nationalisations et les prises d’intérêts dans le secteur privé ont-ils nuit au bon fonctionnement de l’Etat et des entreprises ?              

Vu les résultats, on peut dire que non.Inflation de1900 a 2010

Il y a eu des problèmes avec l’inflation ? Oui, mais quand ? :

- Pendant les guerres 14/18 et 39/45 avec des répercussions quelques années après ;

- Lors de la dévaluation du franc en 1957 et de la guerre d'Algérie ;

- Lorsqu’il y a de gros problèmes internationaux comme les deux chocs pétroliers, l’un en 73 qui dura jusqu’en 75 et le second de 78 à 81 qui ont produit un phénomène qui s’appelle la "stagflation". Voir le graph ci-contre :Inflation chomage 1970 2010

(Parenthèse dans la parenthèse : Toutes les modifications apportées sur le financement de l'État entre 1965/75, n’ont pas empêché l'inflation de grimper à 6 % en 1972 et à 13 % en 1974. Jusqu'en 1984 l'inflation reste supérieure à 8 %.)

Mais regardez dans la période gérée par le circuit du trésor de 1954 à 1970, l’inflation est fluctuante mais raisonnable.

Il est vrai qu'après 1985 c’est le grand calme du côté inflation…

... par contre du côté dette là c’est l’inflation, on passe de 18,2 % en 1966 à presque 100 % du PIB en 2014.Taux chomage officiel insee

Pour trouver de tels chiffres il faut remonter à la révolution (en dehors des guerres bien sûr).

Le chômage est à 10%, on frôle la déflation, nous importons plus que nous exportons (– 5,7 % en 2013).

Fermons les parenthèses.

Observons comment les hommes au pouvoir ont réussi ce tour de force de partirFleche 3 d'une situation saine des années 1960/70 pour arriver à la faillite... et tout ça sans guerre !

 

Georges pompidou 1969 a 1974  De 1969 à 1974  Georges Pompidou est Président de la République, Chaban delmas pompidou

  Premier ministre : Jacques CHABAN-DELMAS de 1969 à 1972

 et Pierre MESSMER de 1972 à 1974

 Le ministre de l'Économie et des Finances est Valéry Giscard d’Estaing

Vous allez comprendre la politique de Mr Pompidou en 1min30 iciChaban delmas messmer

Que fait cet ancien directeur général de la Banque Rothschild : il modifie les statuts de la Banque de France par l’article 25 de la loi 73-7, signée par Pompidou, Messmer, Giscard d'Estaing. Cet article n’est que le début de l’interdiction faite à l’État de recourir aux avances de la banque de France, le véritable verrou sera mis en 1992 et 94 par le traité de Lisbonneoir. Voir  l’article 123 du traité ici et

Le chômage a commencé son ascension à partir des années 1975/80  avec un peut plus de 250 000 demandeurs d’emploi, soit 2,2 % de la population active : étude ici

À partir de 1974 les budgets de l’État seront systématiquement déficitaires

 L'élaboration du budget de l'Etat expliqué en 3,51 min ici

 

Valery giscard d estaing 1974 a 1981

 De 1974 à 1981, Valéry Giscard d’Estaing est Président de la République,  Jean pierre fourcadeJacque chirac

 Premier ministre : Jacques Chirac

 Ministre de l’Économie et des Finances : Jean-Pierre Fourcade

 De 1976 à 1981 Raymond BARRE cumule les fonctions de Premier ministre avec celles de ministre de l'Economie et  des FinancesRaymond barre                             

Le gouvernement est confronté à l'aggravation de la crise économique et à l'inflation qui s'élève à 13 % en 1974 (crise pétrolière).

Les rentiers voient la rentabilité de leurs placements fondre au soleil de l’inflation.

Michel Pébereau, conseiller technique de Giscard participe à mettre au point l’emprunt-or Giscard

L’objectif de l’emprunt Giscard était de rassurer les investisseurs : Objectif atteint !Pebereau michel

En effet pour 7,5 Mds de francs empruntés pour 15 ans, l'État a dû rembourser 90 Mds de francs.

 Mesures sociales :                                                                                

- En 1972, avec la loi Boulin, l’âge du départ à la retraite est toujours à 65 ans mais la durée de cotisation passe de 30 ans à 37,5 ans.

- Le minimum vieillesse est majoré de 21 % en 1974,

- Une allocation supplémentaire d'attente (ASA), permettant aux individus licenciés pour motif économique de percevoir 90 % de leur salaire pendant un an, est créée.

En 1981 le taux d'inflation est à + de 12%

Pour résoudre le problème de l’inflation, la France ne fera plus tourner la "planche à billets" (terme volontairement négatif pour marquer les esprits plutôt que celui de "circuit du trésor" plus positif)

" Quand l’état aura besoin d’argent, il l’empruntera aux banques privées et paiera des intérêts "Fleche 3

Sur le plan économique, le projet de taxation des plus-values du capital est dénaturé par le Parlement !

45 députés s’inquiètent :

Le 22 juillet 1981, 45 députés, dont Pierre Messmer (qui avait signé la loi 73-7), ont déposé le projet de Loi n°157, pour permettre à la République d’emprunter sans intérêts auprès de la Banque de France dans le cadre de ses investissements économiques.

Ce projet n’a jamais été voté.

 

Francois mitterrand 1981 a 1995

 De 1981 à 1995, François Mitterrand  est Président de la République,              Pierre mauroy

 Pierre Mauroy est premier ministre de 1981 à juillet 1984

 Ministre des finances, Jacques Delors

 En avril 1981 c’est l’euphorie.

Dès le lendemain de l’élection, le 10 mai 1981, la Bourse perd 15% en 24 heures...Jacques delors

Un milliard de dollars quitte la France chaque jour durant une dizaine de jours.

Pour bloquer cette évasion de capitaux il aurait fallu rétablir un contrôle des changes mais aucune décision ne fut prise !

Lorsque le contrôle des changes a été décidé, c’était trop peu et trop tard.

L’amateurisme est à tous les niveaux : Dès 1981 le Gouvernement demande à la banque de France un relèvement du plafond des avances de trésorerie. La banque de France refuse et Mauroy se voit obligé d’emprunter sur les marchés financiers, fragilisant d’autant l’autonomie de la France.

De plus, à la tête de la Direction du Trésor et de la Banque de France, deux pièces maitresses dans la politique monétaire à mener, se trouvent toujours des hommes politiques de droite : Jean-Yves Haberer à la Direction du trésor (l’homme qui a été le réformateur du circuit du trésor) et Renaud de La Genière à la Banque de France.

Comment François Mitterrand et son équipe ont-ils pu négliger ces paramètres ?

4 octobre 1981 c’est la première dévaluation (Petite vidéo de 3 min ici) de 3% du Franc par rapport au Mark.

Pour sortir de la stagflation due à la crise du pétrole, le gouvernement Mauroy décide une politique de relance qui répond aux attentes de l’électorat de gauche
- Embauche de 55 000 fonctionnaires dès le mois de juin - Revalorisation du smic de 10%
- Allocations handicapés, augmentation des allocations familiales de 25% - Augmentation de l’allocation logement 25% + 20% 5 mois plus tard - Augmentation minimum vieillesse de 62% entre 1981 et 1983 - 5ème semaine de congés payés, retraite à 60 ans, semaine de 39 h……

Ces mesures représentent 1 % du PIB près de 10 milliards de francs pour les caisses de l’état.

Les nationalisations, loi du 11 février 1982 :

- Sociétés industrielles : St Gobain, Péchiney Ugine Kuhlman, Rhône Poulenc, Thomson-Brandt, CGE

- Banques : 39 banques et 2 compagnies financières : Paribas et Suez.

- Prises de participation assurant le contrôle : Matra, Avions Dassault, Usinor-Sacilor, ITT-France, CII-Honeywell-Bull, Roussel Ucla

Pendant ce temps, les spéculateurs ne cessaient d’attaquer le Franc.

L’aggravation du déficit de la balance commerciale se poursuit (de 0,8 % du PIB à 2,1 % en 1982) ce qui contraint le gouvernement à mettre en place des mesures contradictoires avec la "politique de relance :

- prélèvement de 1% sur tous les revenus - annulation de 7 milliards de crédits budgétaires et gel de 25 milliards - hausse des tarifs des entreprises publiques - augmentation des taxes sur les carburants et l’alcool - instauration d’un forfait hospitalier...

Le taux d'inflation descend progressivement de 12% en 1982 à 9% en 83, 7% en 84, 5,5% en 85 et 2,3% en 1986

Les caisses se vident et le 12 juin 1982 c’est la deuxième dévaluation de 5,75%.

Le 21 mars 1983 le franc perd 8 % par rapport au mark.

Le gouvernement français commença à assouplir ses contrôles des changes à la fin de 1983.

Les socialistes se sont laissés glisser autour du cou le carcan des logiques économiques du capitalisme.

Ce tournant était un aveu de défaite : les milieux financiers avaient gagné la bataille des volontés et des idéologies.

Extrait du débat avec Yanis VAROUFAKIS dans Agora : " Passage sur l’échec Delors et Mitterrand " (2.20min)

L’intégralité ici

Laurent Fabius est premier ministre de Juillet 1984 à mars 86Pierre beregovoyLaurent fabius

Pierre Bérégovoy ministre des finances

C’est en 1985 qu’ils entreprirent de libéraliser à peu près toutes les transactions.

Que s’est-il passé ?

Il y avait une grave confusion d’esprit chez Delors, Chavranski et Camdessus qui estimaient que des politiques libérales pouvaient être les instruments d’un projet social.

La première cohabitation a lieu de mars 1986 à mai 1988

À la suite de la victoire de la droite aux élections législatives de 1986, c'est la première cohabitation : François Mitterrand nomme Jacques Chirac Premier ministre.  

Edouard Balladur est Ministre des financesEdouard balladur 2

Lorsque le gouvernement de Jacques Chirac partagea le pouvoir avec Mitterrand entre 1986 et 1988, le mouvement de libéralisation continua. 

Marche arrière toute, seulement 4 ans après les nationalisations

Les privatisations reprennent avec la loi du 6 août 1986

- Sociétés industrielles : Cie générale de téléphonie, la CGE

- Entreprises de communication/média : Agence Havas, TF1Fleche 3

- Les Banques et assurances : Banque du BTP, Banque Industrielle et Mobilière, Paribas, Suez, CCF, SG, CA, BNP, UAP

Pendant cet épisode de libéralisation, trois personnalités françaises qui avaient prôné la rigueur rejoignaient les organisations qui gouvernent le système financier international : Jacques Delors, devenu président de la Commission européenne, à Bruxelles ; Henri Chavranski, nommé président du comité de l’OCDE chargé de surveiller l’application du Code de libéralisation des mouvements de capitaux, à Paris ; et Michel Camdessus, directeur général du FMI, à Washington.

Ces trois hommes avaient le pouvoir d’influencer le gouvernement de la finance à l’échelle mondiale.

Les politiques de libéralisation financière se trouvaient dans les mains de trois français de « gauche ».

Qu’en ont-ils fait ?

Ils ont rendu la mondialisation possible !

Dans un salon privé du parlement de Strasbourg, lors de la remise de la légion d'honneur à Jacques Chérèque (père de François), durant le 41e congrès confédéral de la CFDT, Jacques Delors dira le 25 novembre 1988 :

"Je puis vous dire que je suis également extrêmement fier d'avoir réussi à faire trois choses importantes à mes yeux quand j'étais au gouvernement.

Premièrement j'ai réussi à désindexer les salaires, ce qu'aucun gouvernement de droite n'a jamais réussi à faire alors qu'ils en rêvaient depuis toujours.

Deuxièmement j'ai réussi à imposer au pays, sans révolte sociale, un plan de rigueur qui a dû faire pâlir Raymond Barre de jalousie.

Troisièmement, et surtout, j'ai réussi à convaincre mes amis socialistes qu'il fallait donner la primauté au marché et donc rétrocéder au secteur privé marchand les services publics non régaliens."

Décidément où est l’homme de gauche ???

En 1988 Jacques Delors présidait la Commission Européenne et travaillait de concert avec le lobby patronal européen "European Round Table", ERT, fondé par Etienne Davignon, l'homme des plans européens pour la sidérurgie.

En 1988 François Mitterrand  est réélu.Michel rocard

Michel Rocard est premier ministre de 1988 à 199Edith cresson 1

Pierre Bérégovoy est Ministre des finances de 1988 à 1992

Edith Cresson est premier ministre de 1991 à 1992

 

Voyons les orientations du Système Européen de Banques Centrales (SEBC)

Plusieurs dispositions essentielles définissent le rôle de la Banque centrale et garantissent son indépendance :

En 1992 le traité de Maastricht est signé

et la France perd définitivement le droit régalien de s'autofinancer.

Article 123 du traité de Lisbonne et ici

La communauté européenne fait interdiction à l’Etat de recourir aux avances de la Banque de France, au motif qu’elles constituaient un financement du déficit public par émission monétaire ». (Benjamin Lemoine dans « l’ordre de la dette » page 40)

Article 1er alinéa 1

* la Banque de France fait partie intégrante du Système européen de banques centrales, l'article 4 A du traité instituant la Communauté européenne, et participe à l'accomplissement des missions et au respect des objectifs qui sont assignés à celui-ci par le traité

Article 105

*L'objectif principal du SEBC est de maintenir la stabilité des prix (1). Sans préjudice de l'objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans la Communauté, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de la Communauté, tels que définis à l'article 2. Le SEBC agit conformément au principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre (2), en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l'article 4.

(1) Maintenir l’inflation à 1% en 2016 est-ce vraiment un choix intéressant ? Voir l'indice NAIRU

Article 1 alinéa 3

*la Banque de France // ne peut ni solliciter ni accepter d'instructions du Gouvernement ou de toute personne.

Article 5

*La Banque de France a pour mission d'assurer l'entretien de la monnaie fiduciaire et de gérer la bonne qualité de sa circulation sur l'ensemble du territoire.Fleche 3

(2) Favoriser la concurrence entre les états est-ce un bon critère ?

Comme nous pouvons l’observer les emplois se délocalisent vers les pays où la protection sociale est la moins forte. Ce qui entraine, chez nous, des entreprises qui ferment, une montée du chômage, une baisse du pouvoir d’achat et un État qui ne peut plus assurer son rôle social…

Analyse de Maurice ALLAIS

" La doctrine régnante avait totalement méconnu une donnée essentielle :

Une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n'est possible,

elle n'est souhaitable que dans le cadre d'ensembles régionaux groupant des pays

économiquement et politiquement associés,

et de développement économique et social comparable 

Et que dit l’économiste américain Gary Becker 1993 ? :

"Le droit du travail et la protection de l’environnement sont devenus excessifs dans la plupart des Pays développés.

Le libre échange va réprimer certains de ces excès en obligeant chacun à rester concurrentiel face aux importations des pays en voie de développement."

 

Voyez cette petite vidéo d'animation qui explique la création monétaire (en 4 min) ici

Pour tout comprendre sur le fonctionnement des banques en 14 min ici

Petite vidéo d'animation qui explique en 3,45 min le rôle de la Banque Centrale Européenne ici

 

En mars 1993, François Mitterrand entame une 2ème cohabitation avec Édouard Balladur comme Premier ministre.Edmond alphandery

Ministre de l'Économie Edmond Alphandéry et Nicolas Sarkozy Ministre du Budget de 1993 à 95.

Les privatisations continuent avec la loi de juillet 1993 et dureront jusqu’en 1995 :

- Entreprises : Rhône-Poulenc, Elf Aquitaine, SEITA, Usinor-Sacilor, Pechiney...

Le taux d'inflation tombe à moins de 1% en 1999 il va remonter à 2% en 2000

 

 De 1995 à 2007, Jacques Chirac  Président de la République,          Jacques chirac 1995 a 2007Alain juppe 1

  Premier ministre : Alain Juppé

 Alain Madelin : Ministre de l'économie et des finances jusqu’au 26/08/1995

 Jean Arthuis : Ministre de l'économie et des finances  du 07/11/1995 au 02/02/1997Jean arthuis 1Alain madelin 1

 

 Privatisations :   SEITA, Usinor-Sacilor, Pechiney,

Lionel jospin 1

 En 1997, il dissout l'Assemblée nationale, la gauche gagne les élections législatives.

La troisième cohabitation se met en place avec Lionel Jospin comme premier ministre jusqu'en 2002.

Trois personnes vont se succéder au poste de Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie :

Dominique Strauss-Kahn (jusqu'au 02/11/1999), Christian Sautter (jusqu'au 27/03/2000) et Laurent Fabius jusqu’en 2002

Laurent fabiusChristian sautterStrauss kahn dominique

Privatisations : Le Lyonnais en 1999

Bilan des privatisations en 30 ans :

Avant 1985 :

Il y avait 3500 entreprises publiques qui employaient 2 350 000 salariés.

Jusque dans les années 75/80 elles participaient peu ou prou

au circuit du trésor qui abondait les caisses de l’état.

De 1985 à fin 2013 :

Le nombre d’entreprises publiques est tombé à 1 444 et 801 270 emplois salariés.

Entre 1985 et 2011 la part d'emploi public est passée de 10,5 % à 3,4 % par rapport au privé.

Donc, en 30 ans, la perte de 1 548 700 postes (liés à la fonction publique) ont-ils empêché la montée de la dette ?

NON ! Les gouvernements se succèdent et la dette grimpe de plus en plus.Historique des taux

 

Il faut dire que les taux d’intérêt étaient de 17 % en 81/82 (proche de l'usure) et en 2000 ils étaient encore à près de 6 %. Ce qui fait que les intérêts ont fait boule de neige et ne cessent de grossir.

 

L'EURO

Les pays Européens avaient signé le traité de Maastricht en 1991 qui prévoyait l'émission d'une monnaie commune qui verra le jour le 1er janvier 1999 pour les transactions financières européennes. Fleche 3

L'Euro a remplacé le franc et les principales monnaies européennes au premier juillet 2002

 

En 2002, Jacques Chirac est réélu avec 87% des voix face à J-M Le Pen.RaffarinFrancis mer

Jean-Pierre Raffarin Premier ministre

Francis Mer : Ministre de l’économie, des finances et de l’industrie

 

 En 2007, Nicolas sarkozy 2007 a 2015Nicolas Sarkozy Président de la République, Francois fillon

 Premier ministre François Fillon jusqu’en 2012

  Trois personnes vont se succéder au poste de Ministre de l'Économie, et de l'Emploi Jean-Louis Borloo de mai à juin 2007,   Christine Lagarde de 2007 à 2011 et François Baroin jusqu’en 2012Jean louis borloo

Mise en place d’un bouclier fiscal !

Christine Lagarde, son instigatrice, le chiffrait elle-même à 13, 6 Mds d’€ par an en régime de croisière, à partir de 2009.Francois baroinLagarde christine 1

Ce bouclier fiscal et les cadeaux fiscaux ont générés un manque à gagner, sur 5 ans de 127 Mds d’euros.

Détails des niches fiscales :

Loi tepa

Source : Le Monde ici

En 2008

 Ebauche de la future Banque publique d'investissement qui sera reprise par le gouvernement Ayrault.

 L'idée parait séduisante, cette banque publique d'investissement a pour objectif de favoriser le financement et le développement des entreprises, mais certaines voix s'élèvent pour dire « c'est un lieu de possibles conflits d'intérêts », l'avenir nous le dira.

Toujours en 2008, arrivée de la crise des subprimes.

Les banques se sont détournées de leur métier, celui du financement de l’économie,

pour s’adonner à des activités spéculatives.

L’argent, qui était déjà virtuel, disparaît. 

Plus de fonds disponibles pour répondre aux demandes.

Les banques sont proches de la rupture.

Qu’à cela ne tienne, Sarkozy arrive :

Vous avez joué avec l’argent des citoyens, vous avez perdu, je suis généreux, les Français vont payer.

"L’État ne laissera aucune banque faire faillite"

Et puis on n’est plus à quelques % de dette en plus...

Voir le graphique du déficit primaire ci-contre :Depenses et recettes loi tepa 5

 

Le déficit primaire c'est les recettes moins les dépenses de l’État mais sans les intérêts de la dette.

Le plan de sauvetage des banques prévoit la garantie par l'État des prêts interbancaires à hauteur de 320 milliards d’euros et dans la limite de cinq ans, ainsi que la recapitalisation des banques en difficulté à hauteur de 40 milliards d’euros, Nicolas Sarkozy indiquant que :

"Au fond, c'est une certaine idée de la mondialisation qui s'achève avec la fin du capitalisme financier

qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir.

L'idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle,

par aucune intervention politique, Fleche 3

cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle."

Bravo pour ce discours… sauf qu’il est prononcé par la même personne qui a fais d’une part le bouclier fiscal qui concerne les ménages imposés à l'ISF, exemple Liliane Bettencourt a, à elle seule, récupéré 30 millions d'€ au titre du bouclier fiscal en 2008.

D’autre part il a fait le plan de sauvetage des banques qui coûte x Mds d’€ aux contribuables.

Donc tous les investisseurs dans la dette français se frottent les mains car ils voient le trou se creuser de plus en plus… et en plus, on leur redonne des sous ce qui accroit encore plus le déficit… Une merveille !

Et cela peut-il se reproduire ? Écoutez Gaël Giraud (en 2016) :   l'intégralité ici

Le taux d'inflation frôle les 0% en 2009 et remonte à 1,7% en 2010

 

 En 2012, FFrancois hollande 2012rançois Hollande Président de la République, Jean marc ayraultPierre muscovici

  Premier ministre Jean-Marc Ayrault de 2012 à mars 2014 et Manuel Valls de 2014

 Ministre de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur Pierre Moscovici de 2012 à 2014

Ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin depuis avril 2014Valls manuel 1

Emmanuel Macron, Ministre de l'Economie depuis août 2014

Un peu de détente avec Nicole Ferroni qui donne des conseils à Manuel Valls 

 

        "Mon ennemi c'est la finance"

Enfin un homme qui a tout compris et qui va séparer les banques d’affaires des banques de dépôts.

(comme l'a fait le Général De Gaulle, un homme de droite).Macron emmanuelMichel sapin

voir la page "Colère de François Hollande et d'Emmanuel Macron"

Par la loi du 31 décembre 2012, le gouvernement Ayrault reprend l'idée du gouvernement précédent et met en place une Banque publique d'investissement (BPI) dotée de 20 Mds € de fonds propres.

Ce gouvernement met également en place le " Crédit-Impôt-Compétitivité-Emploi "Evolution chomage 1

Le CICE qui a coûté presque 40 Mds € sur 2 ans...

Il est encore un peu tôt pour voir si les résultats seront à la hauteur de l'investissement mais les indicateurs ne semblent pas favorables (voir l'étude ci-contre)

 

Prelevement entreprises menages

Pour compenser toutes ces dépenses il y a un moyen assez simple : l’impôt, voyez le graphique ci-contre....................................

Tout chaud le 19/12/2016 Le bilan du quinquennat de François Hollande en dix graphiques Chez ALTERNATIVE ECONOMIQUE ici

Écoutez Thomas Piketty qui vous parle de l'erreur de François Hollande (0min25) :

Écoutez Thomas Piketty qui vous parle des erreurs du passé (2min17) :

Écoutez un extrait de l’émission de France 2 « envoyé spécial » qui vous explique, en 1 min 50, "le pantouflage"  (qui est une autre façon de faire du lobbyisme) et le parcours d’Emmanuel Macron   Avec la participation de Jérôme Karsenti avocat, (toute l’émission ici et la partie Rothschild à partir de 1h 41min 20)

Gloire à Pénélope Fillon, 4 min de poésie avec François Morel 

 

L'histoire a parlé !

Tant que la finance dévorera les budgets des Etats,

on ne pourra pas mettre en place une réelle politique sociale.

 

Au vu de toutes ces expériences il est donc urgent d"AGIR"

 

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